Impulsion

Impulsion

Review copy fournie par Playdius

En ce moment, je dois admettre, je suis un peu mou niveau jeux vidéo. Quand Toupilitou, grand manitou et grand maître vénérable de ces lieux, me propose une clé pour Impulsion, je ne sais pas grand chose du titre. J’ai donc accepté sur la seule foi de quelques images qui me montraient un jeu semblable à Portal. Développé par Driving Force Games, édité par Playdius, ce que je pensais être un Portal-like comme on en voit en très nombreux exemplaires n’en est finalement pas un. Pour le meilleur, Impulsion trouve sa propre place, et s’avère être un jeu très intéressant.

 

Commençons par les choses qui m’ont fâché. Déjà, j’ai perdu mes sauvegardes. Voilà, c’est dit, ça craint, ma progression dans mon cul. Ensuite, je trouve que la narration n’apporte vraiment pas grand chose au titre, d’autant que l’humour qui se veut assez proche de celui de Valve, est très loin d’avoir son efficacité. On pourra aussi reprocher des niveaux visuellement vraiment ternes, des musiques pas forcément intéressantes, et des interventions orales ou commentaires assez répétitifs. Tout cela ne dresse pas un tableau très reluisant. Pourtant… pourtant, une fois qu’on a évacué cela, Impulsion s’avère vraiment malin.

Malin, déjà par la reprise des contrôles de Portal, imposant donc des contrôles que l’on connaît, particulièrement intuitifs. J’ai pris le jeu en main en environ une seconde, sans déconner. Les mécaniques de jeux sont très bien introduites, et la proposition limpide dès les prémices. Voilà, rien que cette prise en main garantit une jouabilité d’une précision redoutable. Le jeu propose basiquement deux choses : une arme qui tire des sphères bleues permettant d’accélérer le mouvement et de bondir à grande distance, tandis que l’autre arme tire une sphère rouge permettant de ralentir le mouvement afin de permettre un rebond lorsque l’on pénètre dans la zone d’effet. La combinaison des deux sphères, permet de mettre en scène des séquences de plateforme techniques et dynamiques.

Si dynamique d’ailleurs qu’il me paraît évident qu’elles seront injouable à la manette (oui-oui, c’est moi, Marcheur, qui vient de l’écrire). Du moins, c’est ce qui m’est apparu à l’usage du clavier / souris. Clairement, c’est un jeu de réflexe où viser et tirer est la clé, tout en orientant ses sauts et en réfléchissant à la prochaine action. Dès le cinquième niveau sur les vingt cinq (ça paraît peu, mais vu la progression de compétences qui vous sera demandé, ça vous prendra du temps), on voit se dessiner un challenge qui n’a rien de relatif. J’ai été particulièrement conquis par la simplicité d’accès des phases de plateforme, mais aussi par l’agréable difficulté progressive. Même si bon, vous allez rager, c’est évident.

C’est d’autant évident qu’Impulsion se permet quelque phases forçant à des manœuvres contre-intuitives au départ. Par exemple, faire un saut et contourner un obstacle durant ce même saut. Expliqué de cette manière, ça a l’air tout con, mais dans les faits, croyez bien que c’est super déstabilisant lorsqu’on est habitué à de la plateforme plus classique. Dans Impulsion, il n’est pas rare de faire un bond suivi d’un slalom de deux obstacles pour atterrir sur une toute petite plateforme, se trouvant au dessus d’un gouffre dont la chute vous fera instantanément mourir et vous amènera à recommencer… Tout le niveau. Oui, j’avais oublié de le noter mais échec = recommence tout le niveau. Cela ne vous autorise pas à casser votre souris, votre écran, et dévorer une par une les touches de votre clavier, mais ça rend le geste plus compréhensible.

On regrette donc cette structure linéaire, à la narration pas finaude, à la réalisation extrêmement pauvre, et on se retrouve finalement devant un jeu mécaniquement au poil (d’une rare précision), avec un feeling impeccable (… l’impression de vitesse et le côté jouissif de réussir un bond), facilement très fluide dû notamment à la sobriété de l’environnement. On rêverait d’ailleurs de voir une suite exploitant des environnements plus ouverts, avec une narration plus appuyée, ou bien encore l’introduction d’énigmes plus qu’un parcours d’obstacles. Bref, la marge de progression d’un Impulsion vers un second opus serait alors à mettre en parallèle avec celle d’un Portal et d’un Portal 2.

 

Le jeu s’adresse vraiment à une niche, celle des amateurs de jeux de plateforme en vue FPS, qui accepteront une assez grosse dose de challenge, et surtout, de se plier au jeu du speedrun, car le titre est clairement taillé pour. C’est ce côté « niche hardcore » qui fera selon moi la différence, parce qu’en ciblant précisément son public, et avec des ambitions restreintes, Impulsion fait exactement ce qu’il entreprend, et propose une expérience vraiment satisfaisante pour qui sait où il met les pieds. Il y aurait probablement beaucoup à faire et à gagner en proposant un éditeur de niveaux ; pour sûr que les joueurs sauraient quoi faire du peu de mécaniques qu’offre le jeu, vu les grandes possibilités du concept. Si vous n’avez pas eu votre dose de sueurs froides, et que l’envie de vous faire un platformer en première personne vous démange, Impulsion est une très chaude recommandation… Enfin, si vous n’avez pas peur de criser un peu, parce qu’après tout, c’est ça tout le sel du jeu vidéo : un peu de haine à l’état pur.

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A propos de l'auteur : Marcheur

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Enfant attardé de Kreia et d’Alfred de Musset. Pense que tout est narration, et répète sans cesse qu’il donne tout en dansant comme un ouf

2 Commentaires sur “Impulsion”

  1. Avatar Ninheve dit :

    je me serais bien laissée tempter par ce jeu, mais le coté speedrun…pas pour moi
    en revanche..j’ai pas rêvé? tu dis bien que la manette c’est pas fait pour viser rapidement????je n’y crois pas ! enfin un pro de la manette qui l’admet ! ouf!

  2. Avatar Marcheur dit :

    je me serais bien laissée tempter par ce jeu, mais le coté speedrun…pas pour moi
    en revanche..j’ai pas rêvé? tu dis bien que la manette c’est pas fait pour viser rapidement????je n’y crois pas ! enfin un pro de la manette qui l’admet ! ouf!

    Ouais je l’admet, je l’ai toujours admis.
    Par contre pour les déplacements : Stick > clavier 8-)
    Tu sais, le côté speedrun, c’est secondaire, le jeu est taillé pour, mais tu peux le faire à ton « rythme » t’as pas de timer pour te dire « perdu, GROSSE MERDE ! »


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