No Man’s Sky Next

No Man's Sky Next

Imaginez : nous vivons dans un monde où le marketing n’existe pas, dans un monde où le cerveau ne crée pas des attentes absurdes sur de vagues promesses, un monde où l’être humain a appris à dominer ses instincts de consommateur effréné, et où les entreprises respectent le consommateur en jouant à 100 % la transparence. Dans ce monde sort un No Man’s Sky, jeu de Hello Games, jeu de survie agréable, plein de défauts, mais qui a au moins le mérite de proposer une galaxie aux proportions infinies, avec des panoramas complètement farfelus, des créatures mal animées, et un jeu qui manque de contenu. Cependant, comme les gens n’en attendaient rien, ils sont plutôt satisfaits ; ce n’est pas le jeu du siècle, Hello Games s’en sort bien, ramène un peu d’argent à Sony, et passe à autre chose en ayant engrangé une certaine expérience qui leur sera probablement utile pour leur futur projet.

 

Sauf que, dans notre monde, il n’y a rien de plus important que l’attente, la cage dorée du consumérisme, définie comme étant l’état dans lequel le consommateur standard (c’est-à-dire votre serviteur) se trouve, toujours à chercher le produit qui le transportera dans un état de plénitude. Toutefois, cette recherche infinie l’enferme dans une cage, et aveuglé qu’il est par sa propre recherche, le consommateur fuit sans arrêt vers l’avenir, dans l’espoir qu’il soit meilleur que le présent. Et le Marketing joue le rôle de « créateur de mirages » sur une base de promesses qui sont, la plupart du temps, non-satisfaites.

No Man’s Sky fut le symbole de cette fuite en avant, de cette recherche du produit parfait, de ce « train de la hype » alimenté par un marketing ahurissant, et un CEO Sean Murray qui n’a su que partir dans des envolées lyriques sur son propre jeu qui, à l’entendre, aurait fait le café, aurait nettoyé votre appartement tous les jours, et aurait pu vous trouver votre partenaire idéal. Le monde s’est emballé, soutenu par des youtubers ayant autant de recul sur le jeu qu’un français sur les performances de l’équipe de France au mondial de foot.

Et ce qui devait arriver arriva, le jeu est sorti… et il n’a pas fallu longtemps pour se rendre compte que très peu de promesses avaient été tenues : pas de multi (même si cela n’avait jamais été une promesse ferme), pas de conflit, très peu de choses à faire en dehors de la récolte de ressources pour faire décoller son vaisseau et faire fonctionner sa combinaison de survie qui gueulait toutes les cinq secondes même si elle était bien approvisionnée… et le pire, des graphismes en-deça de tout, moches, avec une génération procédurale qui partait en roue libre : morceaux de roches qui flottent, monolithes de ressources placés tels un majeur levé au consommateur sur une plaine vide de toute activité, des « animaux » aux comportements pathétiques et d’une laideur à éveiller des phobies enfuies au fond de votre inconscient, j’en passe et des meilleures…

Personnellement, j’y ai joué à ce moment, et si je m’en suis assez vite lassé ; je sentais le potentiel et le plaisir que j’avais à découvrir de nouvelles planètes était là, j’espérais secrètement que Hello Games n’abandonne pas le navire et continue sur cette base, vendue comme un jeu complet. Parce que le navire, ils auraient pu l’abandonner au vu de la tempête qu’ils se sont pris en pleine poire, et à juste titre d’ailleurs : vidéos incendiaires, menaces de mort, hack du site, un message, prétendument posté par Sean Murray « No Man’s Sky était une erreur » … Internet se déchaîne, et No Man’s Sky devient le symbole d’un marketing incontrôlable et mensonger, un cas d’école que l’on étudiera sur les cendres de Hello Games qui ne s’en relèvera sûrement jamais. Silence radio total de la part de Hello Games et de Sean Murray, Internet oublie, comme toujours, accaparé par le nouveau drama à la mode. Plus rien jusqu’en 2017.

En Mars 2017, une première update sort, donnant accès à la possibilité de créer sa base, sur des emplacements fixes, un Rover qui sert à se déplacer plus rapidement sur les planètes dont la génération procédurale s’améliore, des vaisseaux cargos achetables qui vous suivent et servent de coffres de métal géant. En été 2017, une autre update sort, incluant une trame scénaristique basique, qui permet de mieux appréhender l’univers et introduire les différents concepts du jeu qui se sont encore étoffés : factions qui offrent des avantages, des plans à débloquer, des améliorations plus personnalisables pour votre matériel, de l’agriculture, des portails qui permettent de se téléporter à la Stargate, sur une planète aléatoire et jouer au commandant O’Neil (mais sans Tilk…).

Et cet été 2018 sort la plus grosse mise à jour du jeu à ce jour : une amélioration conséquente du moteur graphique, une refonte complète du système d’exploration qui apporte des nanites, permettant de débloquer des plans de construction, de récoltes, d’améliorations, des ressources plus réalistes, des vaisseaux cargos améliorables, un système de flotte qui permet d’envoyer sa propre flotte à la conquête des étoiles pour qu’elle gagne de l’expérience et scanne les systèmes afin d’y trouver des ressources, etc…

Si le départ reste le même : vous devez réparer votre vaisseau en récoltant moult ressources, la suite offre bien plus d’options de progression, et de vrais choix de « carrières » : partir en combat, jouer l’explorateur, faire sa petite ferme sur son coin de paradis, partir en conquête avec sa grande flotte… Je n’ai pas l’occasion de m’ennuyer ; il y a toujours une ressource à récolter, un alien à rencontrer, un convoi à protéger, une espèce à découvrir, une mission à remplir, une faction à contenter. Il y a énormément de choses à faire dans No Man’s Sky aujourd’hui, si tant est que le joueur accroche au concept. Ah, et comme vous pouvez voir en dessous, une vue à la troisième personne est disponible, avec des options de personnalisation.

Est-ce un jeu parfait ? Non. Comme je le disais à certains amis, le jeu reste une expérience de niche. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il faut aimer contempler, récolter, et avancer vers l’inconnu qui ressemble quand même un peu à ce que l’on a vu précédemment. C’est une expérience répétitive par nature, soutenue par une interface qui reste calamiteuse, même si on finit par y naviguer avec aise. Il faut du temps et un peu d’abnégation. Et le problème de la génération procédurale reste malgré tout présent ; il n’y aura pas de forêts (en tout cas, je n’en ai pas vu, mais je doute qu’elles existent), ni de rivières qui coulent dans des champs verdoyants à l’orée d’un bois qui verrait gambader de mignonnes créatures. Non, il n’y en aura pas. Le fan vous dira que c’est normal, que la terre est une anomalie, et que la plupart des planètes ressemblerait à ce que No Man’s Sky propose.

Je pesterai aussi sur le vide de la galaxie. Oui, il y a plus de vie, les pirates sont plus agressifs, des conflits entre convois peuvent éclater, mais au final, c’est morne. Les installations planétaires restent solitaires, un bâtiment dans une morne plaine, telle une pustule sur une peau de bébé. Défaut qui est partiellement compensé par la créativité des joueurs qui créent de superbes bases, les possibilités de constructions ayant été démultipliées. Ceux qui n’ont pas accroché au concept, n’aimeront toujours pas, car le fond n’a pas changé : récolte, récolte, vente, et achat. C’est finalement la base de tout, sur laquelle vient se greffer plein de nouveaux éléments, mais vous devrez toujours récolter.

Le mode multi est un plus, probablement, permettant de rendre ces tâches répétitives plus amusantes : un groupe de quatre peut se diviser entre celui qui construit, un autre qui fouille les cavernes, un autre qui récolte, et le dernier qui fouille la galaxie. C’est tout de suite plus fun, mais je n’insiste pas trop sur ce point, car le multi ne peut pas être la raison principale du regain de fun d’un jeu. Le jeu est buggé et provoque des effacements de sauvegardes. J’ai été victime d’un bug dans lequel mon perso a été transporté dans l’espace sans raison, mourant d’asphyxie et perdant son inventaire. J’ai aussi eu un bug de collision, tandis que les combats spatiaux sont toujours très raides et très répétitifs (… je n’ai pas vu de différences entre les ennemis en quinze heures). Bref, l’enrobage est bien meilleur, mais il y a encore du travail.

Un système d’events communautaires est prévu, mais pour l’instant, ce ne sont que des promesses, donc on va passer cet élément sous silence en attendant qu’ils arrivent. Pour le reste, un atlas sommaire est disponible avec de jolies photos.

 

Pour un premier article, j’ai eu des choses à dire, donc, on va peut-être se séparer ici avec une conclusion : j’aime No Man’s Sky, surtout aujourd’hui. Ce jeu, qui ressemble à un vulgaire survival, propose malgré tout une expérience unique : vivre l’épopée d’un explorateur galactique. Il y a des fédérations qui cartographient la galaxie, des « archéologues » qui cherchent les bases abandonnées de joueurs pour en faire des photos, des gens qui cherchent les portails, des voyageurs solitaires qui partent en quête du cliché unique, des groupes qui  sèment la terreur dans leur quadrant galactique (même si il n’y a quasiment aucune répercution)… La communauté externe au jeu semble bien s’éclater. Une expérience d’explorateur bien plus immédiate que le complexe Elite Dangerous qui plaira aux âmes aventureuses prêtes à se faire violence face à un système de craft riche mais répétitif, pour découvrir les mystères de la galaxie, avant de prendre sa retraite, satisfaites d’avoir laissé derrière elles une espèce de champignon marcheur appelée Mikosdubulbe, ainsi qu’une base de cinq étages sur la planète KIWIKIKI VI entourée par des bestioles nommées Tètdufion.

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A propos de l'auteur : Ziltoledodo

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Un piaf qui ouvre son bec sans style et avec humour (niveau CE1 maximum)

9 Commentaires sur “No Man’s Sky Next”

  1. Avatar Toupilitou dit :

    Damned… un étron que j’ai parcouru pendant 40 heures à sa release deviendrait un bon jeu quelques années plus tard ?

    … Peut-être que je le réinstallerai un jour, mais le traumatisme est encore trop vif pour que je m’y lance

  2. Avatar Ninheve dit :

    oh purée…
    perso je ne n’avais pas suivi le hype qui avait précédé sa sortie et j’avais pris un petit plaisir à y jouer mais je m’en suis lassée pour de bon, sans envie d’y revenir. Même les différentes mises à jour ne m’avais pas poussée à le relancer…mais ton article si…Faudra que je réapprenne les bases du jeu, et voir ce que ces mises à jour auront apporté.
    Mais oui, je suis sincèrement tentée de refaire un tour dans cet univers

  3. J’aime pas le procédural, à part dans un rogue like.
    Et c’est pas un rogue-like.

  4. Avatar flofrost dit :

    Je rejoints Etienne, pour moi le pire ennemi de ce jeu c’est le procédural, c’était selon moi une fausse bonne idée.

  5. Avatar Garmyr dit :

    Le jeu à son charme désormais, un peu plus qu’à l’époque. Le faire en multi avec des potes apportent aussi quelque chose de plus.
    Malheureusement effectivement, l’univers ne donne pas envie qu’on l’explore.

  6. Avatar Ninheve dit :

    Je l’ai réinstallé, je suis alors reparti d’une de mes anciennes sauvegardes..;j’étais dans une station…
    et j’ai perdu patience…l’interface et les contrôles sont toujours à la ramasse, par défaut la touche pour avancer et activer le menu sur clavier azerty est la même!
    purée les gars réveillez vous!
    la reconfiguration des touches est une vraie plaie…
    en plus les commandes les plus importantes ne sont pas listées (inventaire les gars??? ah oui tab! , même pas dans la liste)
    A peine sortie de la station j’ai du affronter la carte…et ben je n’ai plus la patience!
    pourtant je l’avais eu pendant environ une cinquantaine d’heures de jeu lors de sa sortie, mais là je n’ai pas envie de tout réapprendre. J’ai pu voir les différences dans la station…les factions qui existent à présent pour une raison, des petits détails de ci de là…mais j’ai abandonné, je blâme la canicule et le fait que je n’ai pas envie de repartir de zero pour réapprendre les contrôles du jeu et autres subtilités!

  7. Avatar LeOFr dit :

    j’ai streamé sur ce jeu aujourd’hui, sur twitch

  8. Avatar Toupilitou dit :

    Y’a du lourd quand même dans ce jeu :lol:
    –> screenshot d’un de mes contacts

    Image

  9. Avatar Marcheur dit :

    Y’a du lourd quand même dans ce jeu :lol:
    –> screenshot d’un de mes contacts

    Image

    Oh bordel, même pas j’y touche.


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